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Critiques littéraires
Dans une écriture étonnante, et une exceptionnelle sensibilité
esthétique, Jean-Pierre Otte mêle le familier et le savant,
le lyrisme candide et la précision scientifique pour sortir l’oiseau
de la cage où le tient notre ignorance.
Lire
Voilà un merveilleux écrivain dont les livres sont délicieux
!
Bernard Pivot
On ne lui connaît pas de profession ni de spécialité,
sauf à signaler qu'il les exerce toutes. Ecrivain en vogue, chroniqueur
en maintes gazettes, conférencier frisant le surbooking, peintre
coté et de belle venue, conteur hors pair, homme de plume et de
radio, capable même de se produire sur scène où, entre
deux récits, histoire de ménager des pauses et de nourrir
la méditation, il se lance parfois dans un long solo à l'harmonica
diatonique, quand il n'est pas accompagné à la contrebasse,
au berimbo, voire à la sanza, Mister Otte butine et lutine, voletant
dans les jardins du savoir, s'enivrant des fieffés mystères
de la vie. C'est un papillonneur, un métier qui n'existe pas mais
qu'il a créé à son usage et à sa stricte fantaisie.
D'ailleurs, les papillons sont les héros de son nouvel opus. Il
les a beaucoup observés, à Larnagol, où il vit, sur
un causse du Lot,
entouré d'une cour d'animaux variés qui cancanent, hululent,
braient et jacassent à qui mieux mieux. Vains cris, courtes agitations
peuplant le silence. Les papillons se taisent, mais ce sont eux qui déclenchent
les tempêtes : en descendant la longue chaîne des effets qu'engendrent
les causes insoupçonnables, on sait qu'un froissement d'ailes dans
un air calme produira un jour ou l'autre un coup de vent, de là
une bourrasque, elle même grand-mère de l'ouragan. C'est
la faute aux papillons qui papillonnent, qui battent des ailes au-dessus
des corolles, à la recherche d'un ou d'une partenaire. La danse
nuptiale du vulcain ou du satyre fauve est responsable de tout. Seule
la copulation mettra fin au désordre, qui fixe les acteurs, affirme
Jean-Pierre Otte, dans la position dite du missionnaire.
On voit par là qu'aucune extravagance n'est étrangère
aux papillons, non plus qu'à notre homme. Et rien de ce qui est
sérieux non plus, à vrai dire, ne lui échappe. Il
a étudié la biologie, la physique, la philosophie et vous
ensorcelle avec une diversité d'intrigues ayant trait au big-bang,
aux mythes indo-européens ou au sommeil des mérous. Il fait
vibrer toutes sortes de cordes. Il est à son affaire dans l'émotion,
l'humeur, l'humour, le drame et la tendresse. Au fond, il est à
son affaire dans le monde.
Mettant à profit l'actualité électorale, il vient
de publier un éloge de l'abstention qui, tout persifleur et naïf
qu'il se veuille être, lui ressemble bien peu : s'il est un artiste
que n'effraient pas les chinoiseries et les complexités politiques,
qui ne sait pas se tenir éloigné des choses, qui ne pratique
ni l'empêchement ni l'évitisme, qui ignore les douleurs du
manque comme les plaisirs du renoncement, qui ne s'interdit aucun penchant
et ne se refuse à aucune hypothèse, c'est bien l'auteur
du « Retour émerveillé ». Jean-Pierre Otte est
un épicurien, et un épicurien ne s'abstient d'à peu
près rien. Tout le charme ottiste est là : une guerre perpétuelle
aux tempérances et à la mortelle retenue. Votez Otte !
Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur
Dès les premières paroles, il fait quelque chose, comme
une eau de source qui enivrerait un convalescent qu’un médecin
imprudent aurait expédié au vert. Tant de pages si enchanteresses
sont d’un écrivain hors pair.
Le Nouvel Observateur
Un maître en matière de style.
Le Magazine Littéraire
Jean-Pierre Otte est un obsédé heureux, en même temps
qu’un champion de l’indicible. Il sait décrire ce qui
point entre les êtres, les glissements progressifs du désir,
le retour des passions dans un monde en mutation.
L’Express
C’est la fête d’un langage plein de
sèves où les mots germent en alliances insolites pour mieux
capter les sensations, une allégresse et une force tranquille qu’habite
la saveur du monde.
Le Monde
C’est l’homme des commencements, c’est le chroniqueur
des genèses (...). Ce qu’il dévoile en ces œuvres
denses, païennes, murmurantes, c’est le pays des connaissances
essentielles, des transparences nécessaires, sans lesquelles, on
ne verra, on ne surprendra jamais le fond, le font des sources et de l’âme.
Jacques Lacarrière
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