Celui qui oublie où conduit le chemin

Celui qui oublie où conduit le chemin

Jean-Pierre Otte

édition : Robert Laffont

publication : 1984

Qu'on ne s'y trompe pas : celui qui oublie où conduit le chemin est tout le contraire d'un être égaré. C'est un homme qui obéit à l'émerveillement des choses, aux bonheurs, aux senteurs qui l'assaillent. Un homme en quête d'évidence, d'une plénitude de vivre et de voir. Un homme qui retrouve le chemin qui le conduit à lui-même, à travers la découverte de ses désirs et de ses dons.

Ce livre rassemble, comme un bouquet, un faisceau d'errances magiques - c'est-à-dire suprêmement dirigées. Ce sont les voyages autour de la maison - voyages dans la proximité, l'attachement fervent aux arbres, aux rivières, au vol blanc des effraies, aux pierres erratiques des chemins. Ce sont encore les déambulations dans le dédale cimenté des villes modernes où le narrateur dialogue et médite avec Pierre-Paul, son ami - son double ? Et c'est aussi cette brassée de personnages et d'histoires familières, qui toutes dissimulent le secret qu'elles recèlent.

Car la part réflexive est ici sous-jacente, dissoute, mêlée aux sensations et aux senteurs, comme la lumière reflétée à l'intérieur d'un cristal de Bohême. Le sens est confondu à la saveur par la vertu d'une écriture belle, déliée et charnelle, d'une rare densité.

Avec ce nouveau livre, après Nicolas Gayoûle et Les gestes du commencement, on voit mieux désormais comment la suite "L'Enfer et la joie" décrit et constitue l'itinéraire et la métamorphose profonde d'un véritable écrivain.

 

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